Sorties des tréfonds marins d’un étrange paysage, les pièces de Mathilde Sauce fascinent autant qu’elles intriguent.

Réminiscence ou déjà-vu, il nous est presque possible d’y reconnaître des éléments issus de notre faune et flore sous-marine : coraux, anémones, mousses… autant de formes organiques et tentaculaires.

Un ingénieux travail du grès permet à l’artiste de multiplier les effets de matière et d’apparence. Douceur du velours, brillance d’un glacis, rugosité d’une roche, translucidité minérale d’un cristal : ces textures hybrides activent nos sens autant qu’elles attisent notre curiosité.

Les formes quant à elles, jouent du trouble entre le végétal, le minéral et l’organique (parfois même le charnel). Tubes, excroissances, cavités, pointes et replis sculptent une géographie d’un vivant fictif, mouvant et polysensoriel.

À l’image des planches naturalistes du XIXe siècle - comme celles d’Ernst Haeckel - les sculptures de Mathilde Sauce inventorient un monde inconnu, un vivant fabuleux, où réalité et rêve s’entrelacent confusément.

Si ces oeuvres nous séduisent et nous troublent, c’est peut être parce qu’elle activent en nous, une projection de ce que pourrait être l’ailleurs.